L’Oural de Teodor Currentzis

Air France magazine novembre 2018

https://fr.zone-secure.net/2698/976525/?initState=nowelcomepage#page=114

 

 

« Si j’ai choisi d’étudier à Saint-Pétersbourg à la fin des années 90, c’est qu’il y avait encore là-bas une forme de romantisme qui résistait à l’ère technologique », raconte le chef originaire d’Athènes, qui apparaît sur scène vêtu d’une chemise de Moujik ou d’un gilet brodé d’or, afin que l’atmosphère qui entoure la musique  soit, déjà, une forme de narration. Après avoir créé son orchestre à Novossibirsk, en Sibérie, il a convaincu ses musiciens de migrer avec lui vers l’Oural, à l’Opéra de Perm, en 2011. « Dans une ville établie, il m’aurait fallu d’abord détruire. A Perm, il m’a fallu construire », déclare ce musicien poète, aux métaphores énigmatiques et à la gestuelle ondoyante, qui a su rapidement mener sa jeune formation musicale, musicAeterna, vers les festivals les plus renommés, comme celui de Salzbourg ou d’Aix, où on le retrouvera en 2019. Iconoclaste classique en Russie orthodoxe ? Lui se voit en « serviteur des compositeurs », les dépouillant des poussiéreux oripeaux interprétatifs accumulés au fil des siècles, nous donnant à les réentendre avec ce choc de la première écoute, déroutant, galvanisan. Teodor Currentzis parfois aussi confie qu’il compose. De la musique vocale surtout. Sous l’influence des chants a capella des monastères de Perm ? Avec son sens de la dramaturgie, il garde, encore un temps, le silence et le secret.

 

www.teodor-currentzis.com

 

Festival de Salzbourg :

www.salzburgerfestspiele.at

 

Festival d’Aix-en-Provence :

www.festival-aix.com

© Cécile Balavoine 2016