Max Emmanuel Cencic : Cantilene croate

Air France magazine août 2016

Max Emmanuel Cencic (photo : Tadzio)

Le chanteur Max Emmanuel Cencic (photo : Tadzio)

Devient-on forcément musicien lorsqu’on naît fils d’un chef d’orchestre et d’une chanteuse d’opéra ? Après une petite enfance bercée par l’intelligentsia zagreboise et une adolescence parmi les petits chanteurs de Vienne, Max Emmanuel Cenčić s’est posé la question. Pour y répondre, il prend le large et étudie … les relations internationales aux Etats-Unis. Retour au galop vers la musique. Entre temps, sa voix agile, profonde mais haut perchée, est passée d’une tessiture de soprano à celle de contre-ténor. Voix rare et troublante, féminine sans l’être tout à fait, miroir d’une personnalité aussi douce que flamboyante. Sans doute parce que Max Emmanuel Cenčić est descendant d’une très ancienne lignée croate, noble et extravagante : son arrière-grand-oncle avait fait édifier un opéra à Sobotica (actuelle Serbie), ses grands-parents collectionnaient des partitions originales de Bartók et Kodaly… Ainsi son goût pour le Baroque et pour un répertoire recherché s’est affirmé naturellement. Son dernier disque est consacré à des airs napolitains du XVIIe siècle. Le tout premier avait été un hommage à Gabrielo Puliti, compositeur méconnu de la même époque, originaire de l’ancienne Vénétie… la Croatie actuelle. Dans son appartement parisien, le musicien polyglotte et nomade trouve ancrage dans des vestiges du passé familial : toiles aux sujets mythologiques, souliers brodés de l’époque rococo.

www.cencic.com/schedule

© Cécile Balavoine 2016